Biographie
Johann Adolf Hasse en né à Bergedorf près de Hambourg en 1699. Issu d’une grande famille de musiciens, il débute sa carrière comme ténor d’une troupe de Hambourg. Il obtient un poste officiel de chanteur, en 1719, à l’opéra de Brunswick. Deux ans plus tard il donne une représentation de son premier opéra Antioco, dont il interprète le rôle principal. Sur le planches des opéras Londoniens, Handel triomphe, et franchit les portes de la «Royal Academy of Music».
Comme beaucoup de compositeurs germaniques, il est attiré par l’Italie. Il se fixe à Naples en 1722 ou il devient l’élève de Nicola Porpora puis d’Allessandro Scarlatti en 1724. Ces opéras connaissent déjà un succès considérable. Il cumule à cette époque le titre de Maître surnuméraire de la Chapelle Royale Napolitaine, Maître de chapelle du roi Auguste de Pologne et entretient des liens étroits avec l’Ospédale degli incurabili, (Hospice des incurables), un des principaux conservatoires de jeunes filles de Venise. La collaboration avec cette institution durera plusieurs dizaines d’années.
Son premier opéra lui sera commandé en 1725, il sesostrate, exécuté l’année d’après. A partir de cette date, les Italiens le surnomment «Il caro Sassone» (le cher Saxon).
En 1730, épouse la célèbre soprano Vénitienne Faustina Bordoni, qui ne tarde pas à devenir l’une des principales interprètes de ses opéras.
Invité par la cour de Dresde, le 13 septembre 1731, il donne la première représentation de Cleofide, prémices d’une période faste qui débutera deux ans plus tard et durera 30 ans.
En 1733, officiellement au service de la cour de Saxe, il occupe la fonction de Maître de chapelle. Il jouit de rentes confortables, compose en moyenne deux opéras par an, en plus d’oratorios, de cantates profanes, de musiques instrumentales et sacrées. Il voyage à travers toute l’Europe pour honorer commandes et invitations. Dresde connaît ses heures de gloire, et Hasse est considéré comme le principal représentant de l’opéra seria.
Il tisse des liens particuliers avec Pietro Metastasio (Metastase, poète officiel de la cour de Vienne), auquel il restera fidèle, qui écrira les nombreux livrets de ses compositions.
Alors engagé dans la guerre de sept ans, Dresde connu de terribles bombardements. En 1760, la maison de Hasse ainsi que toutes ses œuvres prêtes à être gravées furent détruites.
Cette période flamboyante prend fin en 1763, à la mort du prince électeur de Saxe Frédéric Auguste II. Son successeur, Friederich Christian, confronté à d’énormes dépenses engendrées par la guerre de sept ans et aux trop nombreuses largesses de son père (en témoignent les appointements mirifiques du Maître de Chapelle et de sa femme), décide de congédier les époux Hasse, sans même les pensionner.
Ils partent pour Vienne, où Gluck avait inauguré une ère nouvelle en se détournant volontairement de l’opéra seria. «Il caro Sassone» y compose son dernier opéra Ruggiero.
Les Hasse se retirent à Venise en 1773, où ils mènent une vie paisible en donnant des cours en écrivant quelques œuvres religieuses. Faustina Bordoni meurt en 1781 et Johann Adolf ne lui survivra que deux ans.
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Nul autre compositeur Européen n’eut de son vivant une plus grande réputation que celle de Hasse. Le musicologue Charles Burney écrivait en 1773 dans «The present state of music in Germany, the Netherlands, and the United Provinces» qu’il était le plus raffiné, le plus élégant et le plus fécond des compositeurs du XVIIIème.
Hasse reçut de nombreuses marques de respect de la part de ses contemporains, ainsi, le jeune Haydn lui soumit le manuscrit de son Stabat Mater en 1767, il se déclara satisfait des compliments qu’il en obtint. Mozart se dira enchanté par la musique de Hasse entendue à Vienne en 1771.
L’admiration entre Mozart et Hasse était certainement réciproque. En entendant la musique du jeune compositeur à Milan, pour les noces de l'archiduc Ferdinand, il fit une juste remarque : «Questo ragazzo ci farà dimenticar tutti» (ce garçon nous fera tous oublier). Il en fut ainsi ; victime des réformes de l’opéra et de l’essor du classicisme, sa musique tomba rapidement dans l’oubli après sa mort. Quelque deux siècles plus tard, ces querelles nous paraissent bien futiles. Pourquoi nous priver des œuvres de ce maître Allemand fidèle représentant de la musique Italienne qui mena à son apogée l’opéra seria.
A Dresde, Hasse avait entrepris la réécriture de ses œuvres en vue d’une publication. Malheureusement le grand incendie de 1760 détruisit sa maison et ce travail. Hasse préférant se consacrer à la production plutôt que préserver son passé, il n’y eut pas de seconde tentative d’édition. Ces péripéties de l’histoire laisseront en suspens de nombreuses questions concernant sa composition. Malgré quelques pertes supplémentaires observées durant la seconde guerre mondiale, certaines sources dénombrent aujourd’hui pas moins de 1600 œuvres de ce compositeur.
Eric Juaneda - Novembre 2002
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